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Avant de lancer ma boutique ECODELO, je travaillais dans l'imprimerie : un secteur que j'aimais, mais qui générait chaque jour des tonnes de papier gaspillé. C'est ce constat qui m'a poussée à changer mes pratiques, poste par poste, geste par geste. Dans cet article, je partage les astuces qui font vraiment la différence au bureau, y compris celles auxquelles on ne pense jamais spontanément.

Comment réduire son empreinte écologique au bureau ?
Quand on pense écologie, on pense rarement au bureau en premier, et pourtant les enjeux environnementaux y sont bien réels. Chauffage des locaux, climatisation, ordinateurs allumés du matin au soir, impressions à répétition... Multipliez ça par le nombre de collaborateurs et de jours travaillés dans l'année, et on obtient une empreinte carbone bien réelle, en émissions de gaz à effet de serre.
Selon l'ADEME, l'agence de l'environnement et de la transition écologique, agir à son échelle sur son lieu de travail fait pleinement partie des solutions pour limiter le changement climatique. De mon point de vue, il existe trois grands leviers qui font vraiment la différence sans demander un effort démesuré : limiter la consommation de papier et de fournitures, optimiser l'énergie sous toutes ses formes (numérique compris), et réduire les déchets du quotidien, de la pause déjeuner à l'organisation des bureaux. Je vous les détaille juste après, avec des exemples concrets.
Ce qui m'a frappée en quittant l'imprimerie, c'est à quel point ces trois chantiers sont liés entre eux plutôt que séparés. Réduire l'usage du papier, c'est aussi moins solliciter l'imprimante, donc une vraie économie d'énergie sur la journée. Limiter ses déplacements en voiture, c'est aussi réduire le fonctionnement du chauffage ou de la climatisation d'un bureau qui reste vide un jour de télétravail. Autrement dit, chaque petit geste compte : en tirant sur un seul fil, plusieurs bénéfices arrivent en même temps, presque sans effort supplémentaire.

Quels éco-gestes adopter au bureau ?
Quand j'ai quitté l'imprimerie pour lancer ma boutique en 2023, j'ai passé des centaines d'heures à dénicher et tester des produits français vraiment respectueux de l'environnement, plutôt que de me contenter d'étiquettes vertes. Voici, rayon par rayon, les écogestes au bureau que je recommande pour un environnement de travail plus léger sur la planète.
Réduire sa consommation de papier
L'imprimante reste l'un des postes de gaspillage les plus faciles à corriger. Avant de cliquer sur "imprimer", je me pose toujours la même question : est-ce que j'ai vraiment besoin de cette feuille en version papier ? Sinon, recto verso et noir et blanc restent mes meilleurs alliés pour limiter la consommation d'encre et de papier.
Quelques conseils qui ne coûtent rien :
- Relire son document à l'écran avant de l'envoyer à l'impression.
- Centraliser les impressions sur une imprimante commune plutôt que sur du matériel individuel.
- Installer un vrai système de tri sélectif à côté de l'imprimante, avec une poubelle dédiée au papier et une autre au carton, pour faciliter le recyclage.
- Réutiliser les feuilles imprimées d'un seul côté comme brouillon, une astuce toute simple mais que peu de bureaux mettent réellement en place.
C'est exactement ce constat, hérité de mon passage dans l'imprimerie, qui m'a poussée à sélectionner des fournitures de bureau recyclées et réutilisables plutôt que jetables pour ma boutique :
- L'agenda réutilisable, conçu pour durer plusieurs années : ses pages imperméables s'effacent d'un coup d'éponge ou de lingette humide, et on le garde d'une année sur l'autre au lieu d'en racheter un neuf chaque décembre. Un kit stylo est fourni avec, pratique pour ne jamais être pris au dépourvu.
- Le cahier réutilisable, pensé pour remplacer les blocs de brouillon classiques : listes de tâches, idées de projet, croquis... on écrit, on efface, on recommence, sans jamais entamer une nouvelle ramette de papier. C'est d'ailleurs le premier produit que j'ai adopté moi-même, à mon propre poste de travail.
- Les Stick-it réutilisables, la version durable du Post-it : un collaborateur jette en moyenne plus de 2800 mémos jetables par an, quand une seule feuille Stick-it peut, elle, servir plus de 500 fois avant de finir à la poubelle.

Ces trois produits sont signés Econotes, une marque française fabriquée à quelques kilomètres de ma boutique. Ce que j'apprécie particulièrement avec ce type de fournitures, c'est qu'elles ne demandent aucun compromis sur la sensation d'écriture : on retrouve le même plaisir qu'avec un papier haut de gamme, sans culpabiliser à chaque page tournée.
Économiser l'énergie, du poste informatique au chauffage
Le cloud, ça sonne léger comme un nuage, mais chaque mail stocké et chaque recherche lancée sur internet dorment quelque part sur un serveur qui consomme, lui aussi, de l'énergie. Et à côté du numérique, il y a tout le reste : chauffage, climatisation, éclairage, appareils laissés en veille. Ce sont, dans mon expérience, les gestes les plus faciles à automatiser, parce qu'ils ne demandent aucun effort une fois pris en habitude :
- Éteindre son ordinateur et ses écrans le soir plutôt que de les laisser en veille, et débrancher les chargeurs inutilisés : ne pas laisser d'appareil en veille est sans doute l'action la plus simple à mettre en place, et l'une des plus efficaces pour l'optimisation de la consommation énergétique d'un bureau.
- Faire le tri dans sa boîte mail de temps en temps, se désabonner des newsletters qu'on n'ouvre jamais et vérifier la politique de confidentialité des outils qu'on utilise, pour mieux protéger ses données au passage.
- Couper la caméra en visio quand elle n'est pas indispensable.
- Éviter de surchauffer les pièces en hiver et limiter la climatisation en été : que ce soit en plein hiver ou en pleine canicule de juillet, quelques degrés en moins ou en plus suffisent déjà à faire une vraie différence.
- Éteindre les lumières dans les pièces inoccupées, privilégier l'éclairage naturel dès que possible, et installer des ampoules LED dans les espaces communs.
- Profiter de la ventilation naturelle (ouvrir une fenêtre) plutôt que de dégainer la climatisation, et ne pas laisser l'imprimante ou la machine à café en veille en fin de journée.
Repenser ses déplacements
Le trajet domicile-travail reste souvent l'un des grands oubliés du bilan carbone d'une entreprise. Quelques ajustements changent pourtant la donne, et permettent d'économiser à la fois du temps, de l'argent et des ressources :
- Encourager le covoiturage entre collègues plutôt que rouler seul en voiture chacun de son côté.
- Privilégier les transports en commun ou la mobilité douce (vélo, marche).
- Mettre en place ou encourager le télétravail pour limiter le nombre de trajets sur la semaine, une mesure qui a aussi un effet positif sur la santé et le bien-être des équipes.
- Remplacer certains déplacements professionnels en avion par le train, quand c'est possible.
A tester : un petit outil en ligne pour comparer son trajet habituel à des alternatives plus douces
Dire adieu au plastique jetable de la pause déjeuner
La pause déjeuner est souvent le plus gros foyer de déchets du bureau : gobelets, touillettes, dosettes en plastique, produits trop emballés. C'est justement là que je garde toujours mon propre allié du quotidien à portée de main : ma gourde réutilisable en verre, éco-conçue et fabriquée en France, posée sur mon bureau toute l'année, aussi bien pour mon thé chaud que pour mes boissons glacées en été.

Quelques réflexes à adopter pour la réduction des déchets liés au repas :
- Utiliser des tasses ou une gourde réutilisable plutôt que d'enchaîner les gobelets jetables.
- Préférer le café en grains ou moulu aux dosettes non recyclables.
- Apporter sa propre vaisselle et ses couverts, plutôt que de céder aux versions jetables.
- Éviter les produits trop emballés et privilégier des contenants réutilisables pour transporter son repas.
- Mettre en place un tri sélectif clair, avec des points de collecte visibles dans les espaces communs.
Comment aménager un bureau écoresponsable ?
Au-delà des habitudes individuelles, l'aménagement des locaux joue lui aussi un vrai rôle dans le fonctionnement écologique d'une entreprise. C'est un chantier plus lourd, souvent porté par l'organisation plutôt que par chaque salarié, mais qui vaut la peine d'être posé sur la table lors d'un déménagement ou d'une rénovation :
- Miser sur du mobilier écoresponsable, en matériaux durables ou recyclés, plutôt que de tout changer à chaque réaménagement — demander un devis comparatif entre mobilier neuf et mobilier reconditionné permet souvent de belles surprises.
- Installer des plantes vertes dans les espaces communs, pour le bien-être et la qualité de l'air.
- Équiper chaque poste de travail avec des fournitures recyclées ou réutilisables : agenda, cahier, Stick-it et gourde en font partie.
- Favoriser un éclairage naturel et une bonne ventilation naturelle dès la conception ou la rénovation des locaux.
- Prévoir des espaces dédiés au tri sélectif, avec des codes couleur clairs pour chaque type de déchet, et au rangement des vélos.
💡 Chez ECODELO :
Dans ma propre activité, j'applique le même principe à plus petite échelle : mon matériel de travail est en grande partie de seconde main, je réutilise les emballages et les cartons de mes fournisseurs pour les envois, et mes cartes de visite sont tamponnées à la demande sur des chutes de bois plutôt qu'imprimées en série. Ce ne sont pas des choix spectaculaires, mais ils montrent qu'un environnement de travail responsable se construit décision après décision, pas d'un seul coup.
Comment sensibiliser ses collègues aux écogestes ?
Un bureau écoresponsable n'est jamais l'œuvre d'une seule personne dans son coin. Je l'ai vécu à mon échelle : c'est en partageant mes trouvailles avec mon entourage, sur les réseaux sociaux et sur le blog de ma boutique, puis en les testant moi-même avant de les proposer à d'autres, que j'ai réussi à convaincre au-delà de mon propre cercle. Le principe est le même dans une équipe : personne n'adopte un comportement juste parce qu'on le lui impose au sein d'une politique interne, il faut qu'il le voie fonctionner concrètement chez quelqu'un d'autre. Un collègue qui remarque que vous n'avez pas racheté un seul carnet depuis un an posera forcément la question à un moment ou un autre, et c'est souvent par ce genre de curiosité, plus que par une note de service, que les habitudes finissent par se répandre.
Quelques pistes pour encourager le personnel et installer cette dynamique au bureau :
- Consacrer cinq minutes en réunion pour présenter deux ou trois écogestes à adopter ensemble sur le mois, en fonction des priorités de l'équipe.
- Mettre à disposition des fournitures réutilisables plutôt que des consommables jetables, pour que le bon geste devienne le geste par défaut, sans effort de volonté supplémentaire.
- Afficher les progrès collectifs (kilos de papier économisés, taux de tri, trajets partagés en covoiturage) dans un coin visible : c'est une information simple, mais elle a un vrai impact positif sur l'engagement de chacun.
- Créer un petit club interne pour échanger des astuces entre collaborateurs au fil de l'eau, et pourquoi pas organiser un point mensuel dédié à ces initiatives.
- Prendre contact avec un référent RSE (responsabilité sociale et environnementale) si l'entreprise en a un, pour structurer ces actions à l'échelle de toute la société plutôt que de les laisser reposer sur la bonne volonté de quelques collaborateurs.
En résumé : des petits gestes, un vrai impact
Je n'ai rien changé du jour au lendemain. J'ai d'abord remplacé mon propre bloc de brouillon par un cahier réutilisable, gardé ma gourde en verre en permanence sur mon bureau, puis transformé cette conviction personnelle en boutique pour aider d'autres personnes à faire la même bascule. Rien de spectaculaire à l'échelle d'une seule journée, mais mis bout à bout, ces gestes simples finissent par peser lourd, dans le bon sens du terme : moins de papier gaspillé, une vraie économie d'énergie, un environnement de travail plus agréable et, souvent, une équipe plus soudée autour d'une culture d'entreprise qui a du sens, aussi bien pour la planète que pour la société qui l'adopte.

Si vous ne deviez retenir que l'essentiel pour démarrer dès demain : optez pour des fournitures réutilisables plutôt que pour des consommables jetables, imprimez en recto verso, éteignez ce que vous n'utilisez pas, privilégiez le covoiturage ou le vélo quand c'est possible, et mettez en place un tri sélectif clair dans les espaces communs. L'écologie au bureau, ce n'est pas un grand plan à imposer d'en haut : c'est une accumulation de détails accessibles à tous, qui réduisent la pollution et l'empreinte carbone d'un lieu de travail sans jamais rien retirer au confort de ceux qui y passent leurs journées.